Située dans un placître, parmi les hêtres, la chapelle (fin du XVème, XVIème, XVIIIème), récemment restaurée conserve de belles sablières. La nef et les transepts de la chapelle sont édifiés à la fin du XVème siècle, tandis que le chevet et les remplages des vitraux datent du XVIème siècle. Au XVIIIème siècle, on adjoint à l’édifice un clocher mur.
La chapelle possède un retable en pierre représentant le Christ et ses apôtres. A l’intérieur subsistent des restes de sablières d’origine et à l’extérieur, des pierres de crossette, dont une représentation de la vouivre où certains voient la fée Morgane, déesse des eaux.
En outre on peut voir dans la nef une cheminée de pierre (sur un des bas-côtés, contre le pignon ouest), ornement rare, près de laquelle on réchauffait les bébés après le baptême par immersion et l’on y veillait les défunts. L’autel, rudimentaire, est orné d’une frise naïve.
Elle se trouve au bord de l’ancienne voie gauloise puis romaine reliant Guingamp à Carhaix, et était la chapelle domestique de la seigneurie de Lanverc'h appartenant au 14ème à la famille de Lanverc’h, puis aux Meryen aux 14, 15 et 16ème.
Cette famille Meryen est, comme depuis le 14ème notamment par Géhan Meryen, présent en 1371 dans une revue d’armes (une montre) effectuée par Bertrand Du Guesclin à Pontorson. En 1420, son fils Guillaume fait partie des troupes de Jéhan De Penhouet, Amiral de Bretagne. En 1437, Rolland (frère de Guillaume) prête serment de fidélité au Duc de Bretagne en compagnie d’autres notables de l’évêché de Tréguier.
La seigneurie de Lanverc’h (ou Lanvenec au 15ème) fût annexé à celle de Trobodec au 16ème appartenant au Du Dresnay. La chapelle de Saint Fiacre devint dès lors la chapelle domestique de Trobodec au détriment de celle se trouvant dans l’ancienne enceinte féodale de Trobodec Le Coadic dont la toponymie a conservé le souvenir dans le parc ar chapel. C’est de cette époque que datent les parties 16ème de l’édifice.
Non loin de là, se trouve la fontaine dédiée à Saint Fiacre dont le nom vient du vieil irlandais « Fiachrach ». Il vient longtemps en ermite dans la forêt de Breuil en Brie et serait mort en 670. Il est généralement considéré comme le patron des jardiniers. De nombreuses représentations le montrant habillé en costume de moine tenant une bêche. Localement, li est invoqué contre les furoncles, les abcès et parfois la dysenterie. On trempait à cet effet des linges dans l’eau miraculeuse et en offrande, on lui apportait de la farine, des pommes ou bien encore une jeune poule blanche.
En Trégor, une chapelle lui est également dédiée à Runefao en Ploubezre.
En 1969, cette chapelle était en ruine et son retable de pierre fût volé bien que pesant une tonne. Restaurée, elle est de nouveau honorée d’un pardon estival.
Eglise Notre Dame Datée des XVIème et XVIIIème siècle, elle abrite de belles statues, dont celle du patron des jardiniers, saint Isidore, muni d’une pelle dorée. Sur un autel repose la pierre la plus précieuse : six panneaux du XVIIème où sont sculptés les scènes de l’Annonciation, de la Visitation, de l’Adoration des mages et des bergers. Ces derniers, représentés sous l’aspect de paysans bretons sont accompagnés de leurs animaux.
Calvaire
C’est l’un des plus anciens de Bretagne (XVIème). Il est composé de trois croix qui s’élèvent, l’une dominant les deux autres, au dessus d’une masse cruciforme, dont la hauteur (1,83 mètres) met les premières sculptures au-dessus de la hauteur moyenne d’un homme.
Le premier plan est occupé par un cavalier montant la garde aux pieds du Christ. Derrière lui, saint Paul, l’épée à la main, et saint Pierre tenant sa clé. Au-dessus d’eux, sur un socle taillé en forme d’enclume, Jésus est représenté dans les liens. Deux larrons sont tordus sur leurs croix, comme si les tempêtes avaient malaxé leurs corps, les jambes repliées sous eux.
L’âme du bon larron, sous la forme d’un enfant, est saisie par un ange au-dessus de sa tête ; celle du mauvais par un diable pourvu d’un dos de monstre en dents de scie. Deux anges recueillent le sang du Christ, tandis que deux autres élèvent le Graal entre la Vierge et saint Jean. Le Christ regarde Longin qui va lui percer le flanc.