Toponymie
L'explication la plus courante sur l'origine du nom de cette paroisse serait que LOC ENVEL vient de l'ancien breton "Lok", qui signifie lieu consacré et de saint Envel, abbé, né en Grande Bretagne au VIème siècle. Ce saint serait venu établir son ermitage à l'emplacement de l'église actuelle.
Quelques traits de son histoire
LOC ENVEL est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plougonver.
Sous l'ancien régime, LOC ENVEL est le siège d'un prieuré cure de l’abbaye de Saint-Jacut de-la-Mer. Son église est mentionnée dès 1163 parmis les possessions de l'abbaye.
L'église Cette église de style gothique flamboyant a été construite par les moines bénédictins de St Jacut-de-la-Mer et fondée semble t-il par les seigneurs de Belle Isle. L'édifice actuel date du XVIème siècle.
Le clocher-mur flanqué d'une tourelle et son chevet à noues multiples sont l'œuvre de l'atelier Beaumanoir de Morlaix.
Elle est classée monument historique depuis le 19 janvier 1911.
La voûte de l’édifice
D’une richesse exceptionnelle, elle repose sur une sablière entièrement sculptée. Ses innombrables nervures se rejoignent au sommet, sous des couvre-joints ou poinçons. Figurant au fond de la nef, des angelots tiennent les instruments de la passion : marteau, couronne, clous, cordes… et tous sont tournés vers l’agneau symbolisant le Christ immolé (premier poinçon au dessus de la porte d’entrée).
Le Pendentif
A la croisée, au poinçon central, se trouve une statue formant clef pendante. Elle représente d'un côté le christ en gloire et de l'autre la Trinité. Cette croisée se termine par les quatre évangélistes, chacun sous la protection d'un ange foule aux pieds le signe de reconnaissance biblique traditionnel : Mathieu et l'ange, Marc et le lion, Luc et le bœuf, Jean et l'aigle. Plus loin, au point de rencontre des arêtiers de la voûte de l’abside, se détache le Christ du Jugement dernier, assis sur son trône (Christ Glorieux).
Un très bel autel en pierre du XVIème siècle. Sa table, de dimensions imposantes, est d’un seul bloc et sculpté.
Au dessus de l’autel, un retable de cinq panneaux du XVIIème siècle représente la passion du Christ, avec Ecce homo, le portement de croix, la crucifixion (porte du tabernacle), la mise au tombeau, la résurrection.
A gauche du maître autel, la porte du sacraire représente la vision du christ ressuscité qu'aurait eue saint Grégoire alors qu'il disait la messe. Il voit le Christ qui sort du tombeau avec les mains qui saignent dans le calice. Cette niche sert à entreposer le ciboire contenant les hosties consacrées.
L’église possède un remarquable jubé du XVIème siècle, aux arcades ajourées et finement sculptées. Il présente 3 styles différents, mélange des influences gothique flamboyant, style Louis XII et renaissance.
Au fond de l’église une horloge de 1777 qu’il fallait remonter deux fois par jour. Elle ne fonctionne pas actuellement.
Trois cloches entièrement manuelles permettent de rythmer la vie paroissiale. La tradition raconte que les cloches, très recherchées à la révolution pour être refondues furent enlevées et enterrées dans un lieu secret. Si secret qu'elles ne furent jamais retrouvées le calme revenu. Certains anciens bien informés connaîtraient la cachette mais ne peuvent dévoiler ce mystère.
La maîtresse vitre
Elle date du XVIème siècle. Le meneau de ce vitrail a la forme d’un lys. Les trois lobes de la fleur de lys sont occupés par trois fragments relatifs au miracle de l’hostie profanée par un incroyant en 1290. Au cœur du lys, une belle tête de vieillard.
Les deux lancettes racontent en six panneaux la légende de Saint Envel. Ils se lisent de haut en bas :
Lancette de droite
Le Saint, en laboureur, est habillé de rouge. Un loup traîne une herse parce qu’ayant mangé le cheval du laboureur, il est condamné à remplacer la bête dévorée.
Au dessous, le Saint est en Evêque. Devant lui, à genoux, un condamné à mort, la corde au cou implore et obtient la protection du Saint.
Dans le coin on distingue des oiseaux, des personnages à genoux demandent au Saint de sauver leur récolte.
Lancette de gauche
Le Saint, de nouveau en laboureur, est habillé de violet. Dans le coin on aperçoit un voleur qui s’enfuit avec le cheval du Saint. Deux cerfs sortent du bois et remplacent le cheval volé.
Au-dessous, le Saint est en Evêque et devant lui deux personnages à genoux. Dans le coin on aperçoit un enfant entre deux loups. Les parents demandent au Saint de sauver leur enfant.
Le dernier panneau faisait autrefois partie d’un autre vitrail représentant l’arbre de Jesse.
Les deux autres vitraux de l’abside sont modernes. Ils portent des armes de la maison FAUCIGNY-LUCINGE et de ses alliances : SESMAISONS et DE KERGORLAY.
L'extérieur
LOC-ENVEL avait autrefois une léproserie. Les seuls vestiges qui en restent sont les trois fenêtres qui donnent sur la chapelle des fonts baptismaux et par lesquelles les lépreux assistaient aux offices.
Les chimères et les gargouilles qui ornent l’église gardent une expression fort curieuse, malgré la patine et l’usure du temps.